Interview pour le Net-Journal de l’Association Essence

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Dr Jean-Marc Mantel 

Net-Journal Essence - Marc Bouriche, vous êtes médecin et psychothérapeute, enseignant de navigation de haute-mer et écrivain. Vous avez traduit un ouvrage du Pr. Arthur Deikman sur “Le Soi témoin, Psychothérapie et Spiritualité” (éditions Dervy). De votre expérience, qu’est-ce que la spiritualité ?

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Dr Marc Bouriche

Ne pas se perdre dans la question ni dans la transe didactique qu’elle pourrait induire m’invite à distinguer d’emblée la spiritualité de « l’expérience spirituelle. »

Je crois que je ne sais rien de la spiritualité, ou si peu, et je souhaite demeurer dans cette ignorance aussi longtemps qu’il me sera possible…. C’est à dire aussi longtemps que la spiritualité se cantonne au champ des représentations. En sortir, c’est retourner à la source de l’expérience spirituelle.

Je me sens un peu comme ce gourmet qui ne s’intéresserait que de loin aux livres de cuisine.

Avec « l’expérience spirituelle » nous plongeons au cœur du paradoxe auquel tout chercheur se trouve confronté : elle est en effet, pour reprendre le vers de Kabir, « le nectar du muet. » Il la goûte mais ne peut en parler sans en perdre la saveur.

Lorsque l’expérience nous visite nous sommes pure vibration, ne fût ce qu’un instant, dans un instrument parfaitement accordé aux rythmes de l’univers.

Ceci est peut-être notre première bonne nouvelle, car si l’expérience reste à jamais étrangère au  discours, elle fraternise volontiers avec le chant, celui du poète ou du musicien.

Je crois avoir une autre bonne nouvelle : le philosophe tient aussi sa juste place dans le grand concert du monde. Il est le porte-parole, le lien, l’intermédiaire entre la vibration et la matière.

J’entends par philosophe (dans le sens antique du terme) celui parmi les hommes dont l’être est à ce point transformé et fixé par « l’expérience », qu’il peut instruire d’autres chercheurs sans risquer de dénaturer la vision.

Je distingue donc le chantre qui inspire mais ne peut instruire du philosophe qui accepte la charge d’instruire.

Cette question de la transmission implique deux autres exigences : la tradition orale comme seul vecteur possible et le mode d’intégration du message dans une culture donnée. Ces deux exigences constituent le corps du travail spirituel que je comprends.

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Net-Journal Essence - Selon vous, quelle est la place de la dimension spirituelle dans la thérapie et/ou le processus thérapeutique ?

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Essentielle. Aussi indissociable du processus thérapeutique que la sexualité. Ces deux dimensions de l’organisation psychique sont incontournables pour qui est engagé dans un travail de connaissance de soi. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’elles recouvrent.

Dans un contexte contemporain largement influencé par une certaine interprétation des théories Freudienne, il me paraît plus approprié d’inverser la question : Comment concevoir une thérapie qui ne prendrait pas en compte la dimension spirituelle ?

Il y a de « bonnes raisons » à cette inversion de la question et nous allons tenter de les cerner.

Historiquement et quelle que soit la tradition prise en compte, guérison et expérience spirituelle ont toujours été intimement liées. Nous pourrions analyser cette parenté à la manière du sociologue ou de l’historien ; je suggère toutefois que ce mode de lecture soit une fausse piste, en tous cas, sinon fausse, certainement superficielle. L’approche phénoménologique me paraît à la fois plus simple et plus juste.

Nous évoquions lors de votre première question la nature vibratoire de l’expérience spirituelle. Nous pourrions la comparer, pour les troubles psycho émotionnels à ce qu’est le choc électrique dans la fibrillation ventriculaire. Par la vision qu’elle nous donne de la nature de l’esprit, et le type d’énergie qu’elle éveille dans le corps, l’expérience spirituelle va beaucoup plus loin que de résoudre nos problèmes psychologiques : elle nous montre et nous fait vivre leur inexistence. Un peu comme a tenté de nous initier Platon par son mythe de la caverne.

Tout cela est fort séduisant sur le papier me direz-vous, mais qu’en est-il de la pratique clinique ?

La complexité de l’interface entre le psychologique et le spirituel est aussi infinie que le champ des représentations et la capacité plastique de l’ego à renaître de ses cendres, pour cette raison à la fois simple et radicale que l’acceptation/intégration de l’expérience par l’ego signe sa propre annihilation. Il coupe la branche sur laquelle il est assis.

Dans mon expérience clinique, la quasi-totalité des difficultés rencontrées en psychothérapie, lorsque nous tentons d’accéder à la dimension spirituelle, peut être imputée à trois états de fait :   

  • La confusion qui règne dans les esprits contemporains, entre l’expérience spirituelle et ses représentations.
  • L’impréparation de la personnalité (et de la culture ambiante) à accepter/intégrer « l’expérience » dont la charge énergétique peut aussi être déstructurant, lorsque la personnalité sous-jacente n’a pas été préparée.
  • La tentation de ce qu’il est convenu d’appeler le matérialisme spirituel, de réduire « l’expérience » à un ensemble de techniques dont la finalité serait de « guérir. » Cette tentation est une impasse en ceci qu’elle inverse le sens de la circulation naturelle de l’énergie. La guérison ne peut pas être une fin en soi, elle n’est qu’un effet secondaire de « l’expérience. » « Cherche  le royaume des cieux, le reste te sera donné par surcroît. »

C’est pour ces trois raisons, je crois, que « le spirituel » suscite tant de méfiance et de controverses dans les milieux professionnels autant que dans l’environnement social.

La manière la plus sûre de contourner l’écueil, pour le thérapeute, est de rester extrêmement vigilant à sa propre qualité vibratoire, accepter l’humble et nécessaire travail sur la personnalité, rester ouvert au mystère de la grâce, lorsqu’elle est débarrassée de ses oripeaux dogmatiques ou institutionnels. 

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Net-Journal Essence - Les traditions spirituelles parlent souvent de libération. De votre point de vue, de quoi s’agit-il ?

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Pourquoi s’intéresserait-on à une éventuelle libération si nous n’étions convaincus de notre propre aliénation ?

Quel chercheur est sincèrement convaincu de sa propre aliénation ?

Dans cette entreprise longue et délicate que représente le travail d’éveil, nous ne pouvons nous permettre de nous égarer au début du chemin.

Cette acceptation/prise de conscience de notre propre aliénation m’apparaît comme une étape préliminaire incontournable et qui ne va pas nécessairement de soi.

Se pose ensuite la question de la nature de notre aliénation. Est-elle d’ordre social, politique, économique, culturel etc. Ou est-elle d’un autre ordre ?

Ce n’est qu’après avoir trouvé les bonnes réponses à ces questions qu’un vrai travail peut être entrepris.

Nous pouvons aussi approcher cette question de la libération, en exégète des textes ou des témoignages que nous ont légués les grandes traditions. Ce faisant, nous nous retrouverions dans l’impasse du discours évoquée précédemment. A ma connaissance nous n’avons d’autre choix que celui de l’expérience.

A ce point de notre réflexion, et pour rester sur le plan de l’expérience, je crois qu’il convient de distinguer la grande libération, (inscrite dans un projet cosmique, elle donne accès à la cinquième dimension, ou  «  la vie éternelle » des chrétiens, et à mes yeux de chercheur, elle est encore de l’ordre du mystère) des petites libérations quotidiennes que nous pouvons induire par un travail intentionnel (mais dont les fruits ne sont pas acquis définitivement.) Beaucoup de désillusions, d’amertume et même de problèmes de santé mentale peuvent être imputés à cette maladie très contemporaine de rechercher des gratifications immédiates, sans accorder suffisamment d’attention à l’humble et parfois austère processus de transformation.

Je crois que c’est à la lumière de cet éclairage que l’on peut mieux saisir le phénomène social des drogues et autres escapades indiennes.

Un autre écueil sur le chemin consiste à penser en terme de « ma » libération, « mon » éveil, « mon » expérience spirituelle. Il semble, pour des raisons qui m’échappent, que l’univers ne pourrait pas survivre à la « libération » de tous les hommes. L’échelle de Jacob de l’ancien testament trouve peut-être ici sa place. « L’expérience », par la vision qu’elle induit, implique des tâches qui ne sont pas pour les épaules de tous.

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Net-Journal Essence - Selon vous, qu’appelle-t-on “maître spirituel” ?

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Un avatar, un événement paradoxal en ceci qu’il est à la fois contre nature et nécessaire au projet cosmique : il appartient au monde naturel en même temps qu’il le transcende. Il est aussi un philosophe au sens où nous l’entendions dans votre première question : il accepte de porter la charge d’instruire d’autres âmes. Dans « Le roi des Aulnes », Michel Tournier voit en Saint Christophe un « pédophore », celui qui porte l’enfant de l’autre coté du fleuve.

Selon ma compréhension, un maître spirituel appartient à cette lignée : il connaît le gué,  ses épaules sont larges et puissantes ; passeur, il est aussi  serviteur.

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Net-Journal Essence - Voyez-vous un lien entre les relations maître-disciple et soignant-soigné ?

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L’analogie que vous proposez entre ces deux relations s’inscrit dans des limites, celles de leur appartenance au même archétype de la transmission d’un savoir être. Cet archétype fonde et pérennise toute communauté humaine, culture ou civilisation. La déliquescence, contamination ou perversion de la tradition orale comme instrument de cette transmission pourrait être le signe avant-coureur de la décadence d’une culture. Les médias et les livres ne seront jamais que le support de cette tradition, ils ne peuvent en aucun cas s’y substituer.

En dehors de ces limites je ne m’aventurerai pas à pousser plus loin l’analogie. Par son champ de vision et son assise dans la cinquième dimension, le maître ne fonctionne pas sur la même échelle de temps que le thérapeute dont le projet thérapeutique se doit d’être limité dans le temps. Les objectifs sont aussi clairement distincts : alors que le thérapeute s’efforce de faciliter la restauration d’une structure « individuée » et fonctionnelle, les interventions du maître seront le plus souvent dérangeantes pour la structure. Le travail des thérapeutes ayant une compréhension vécue de l’expérience spirituelle et des tâches qu’elle induit n’en est pas nécessairement facilité. Car s’ils voient peut-être plus large, les outils dont ils disposent dans le cadre d’une thérapie n’en restent pas moins limités. Ils ont aussi à prendre en compte leurs limites propres d’êtres n’ayant pas atteint la grande libération. Cette situation est parfois crucifiante.

Dans la tradition Soufie, le disciple n’était admis dans une confrérie spirituelle qu’après avoir pleinement assumé, et de manière autonome, toutes les charges et obligations que réclame habituellement le corps social. Cette règle était très efficace dans la prévention d’un accident de parcours fréquent  de nos jours : « la confusion des plans ».

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Net-Journal Essence - Pouvez-vous développer ce que vous entendez par “confusion des plans” ?

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Cette expression que l’on retrouve dans l’œuvre de Roberto Assagioli (fondateur de la psychosynthèse) décrit un état de conscience dans lequel le chercheur ne parvient plus à établir de hiérarchie ou de priorités parmi les perceptions qui lui parviennent à un moment donné. Il confond ou met sur le même plan des informations du monde sensible et du monde supra sensible. Il se trouve alors paralysé sur le plan de l’action ou au contraire s’active inutilement et de manière désordonnée. Cette situation psychologique n’est pas l’apanage du chercheur moderne. Avant la fondation des carmels, les pères du désert qui avaient choisi la vie érémitique ont eu à résoudre cette difficulté. Partant du constat que le « monde » et ses illusions constituait à leurs yeux un obstacle insurmontable sur la voie unitive, ils choisirent de se couper du monde et de la communauté des hommes. L’équilibre mental de beaucoup d’entre eux en fut durablement affecté.

C’est une des raisons pour laquelle la hiérarchie ecclésiastique de l’époque favorisa la création de communautés de chercheurs engagés dans la vie unitive : les monastères de la vie cénobitique.  Des problèmes similaires de « confusion des plans » furent également observés dans les ordres purement contemplatifs. Ce fut alors la création d’ordres engagés dans le service ou le travail manuel.

 La vie de Thérèse d’Avila sur ce thème est particulièrement édifiante : femme d’action exceptionnelle, connaissant la cuisine, la couture, l’architecture, diplomate redoutable, excellente gestionnaire, elle pouvait conduire en plein hiver un attelage de quatre chevaux par les cols enneigés de sa Sierra natale. Elle vivait aussi, et en parallèle, dans le monde supra sensible de ses extases en union avec son seigneur. Sans être du monde, elle  était pleinement dans le monde.

Cette problématique du disciple d’apprendre à vivre dans les deux mondes (sensible et supra sensible) n’est pas épargnée au chercheur moderne. Emily Dickinson ou Rainer Maria Rilke ont ouvert une voie. D’autres voies sont à découvrir. Le LSD ou les champignons hallucinogènes sont peut-être des voies mais à très haut risque. Je les considère personnellement comme des impasses et ne les recommanderai pas.

Dans le jargon psychiatrique, cette confusion des plans pourrait s’apparenter à une bouffée délirante.

Pour les chercheurs engagés dans un authentique travail spirituel, une méthode de prévention efficace pourrait être d’éduquer notre attention et notre sens des responsabilités envers le monde sensible, à condition de s’y investir dans un esprit de non-attachement. La voie est sans doute étroite mais me paraît sûre.

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Net-Journal Essence - Vous pratiquez et enseignez la navigation de haute mer (voir le site http://www.whitmansailing.com). Pouvez-vous nous dire, d’après votre expérience, quel rôle une telle discipline peut-elle jouer dans la maturation individuelle ?

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Vous connaissez ce passage du «  Chant de la terre qui tourne » de Walt Whitman ?

    «Un chant de la terre qui tourne, et de mots choisis en conséquence,
    Croyais-tu que c’était cela les mots, ces lignes verticales ? Ces courbes, ces angles, ces points ?
    Non, ce n’est pas cela les mots, les mots essentiels sont dans la terre et la mer,
    Ils sont dans l’air, ils sont en toi.

    Le façonnage des âmes se fait au moyen de ces mots de la terre que personne n’entend,
    Les maîtres connaissent les mots de la terre et s’en servent plus que des mots que l’on entend…
    La terre ne discute pas,
    Elle ne cherche pas le pathétique ni les accommodements,
    Elle ne crie pas, ne se hâte pas, ne persuade pas, ne menace pas, ne promet pas,
    Ne fait pas de discriminations, n’essuie pas d’échec qu’on puisse concevoir,
    N’enferme rien, ne refuse rien, n’exclut personne,…

    La terre ne se montre pas, ni ne refuse de se montrer, elle possède toujours sous la surface,
    Sous la surface des sons apparents, du chœur auguste des héros, des gémissements des esclaves,
    Des propos persuasifs des amants, des malédictions, des hoquets des mourants, du rire des jeunes gens, des discussions des marchandeurs,
    Sous la surface de tout cela, elle possède des mots qui jamais ne font défaut…

    S’avançant sans à-coups au milieu des vagues, n’ayant peur de rien,
    Résistant toujours victorieusement au soleil, aux tempêtes, au froid, à la chaleur, poursuivant sa route, transportant sa charge,
    S’enrichissant toujours de ce que l’âme comprend et décide,
    Toujours pénétrant et fendant le vide fluide qui l’entoure et le précède,
    Retardé par nul obstacle, retenu par aucune ancre, ne heurtant aucun écueil,
    Rapide, joyeux, satisfait, intact, sans rien perdre,
    Apte et prêt à tout moment à rendre un compte exact de tout,
    Le navire divin parcourt la mer divine… »

Walt Whitman appartient à cette race des chantres qui inspirent. En lisant dans votre journal l’entretien du Dr Méric sur la théorie fractale, il m’est venu à l’esprit que Walt Whitman avait chanté la théorie fractale avant l’heure.

La navigation à voile à l’ancienne et en équipage est d’abord une « expérience complète », (j’entends par navigation à l’ancienne une approche de la voile hors compétition et avec une utilisation minimum des moyens électroniques d’aide à la navigation).

Une expérience est complète lorsque aucune dimension du monde intérieur ne  reste dans l’ombre, l’être y est exposé jusqu’à la trame. Sans violence ni coercition, elle nous contraint à vivre l’instant présent, sans masques; passé et futur montrent leur vrai visage : des élaborations du mental, des artifices. C’est en cela qu’elle libère (du discours et des représentations), alors même qu’elle intensifie l’échange et le partage. Elle nous coupe également de nos repères habituels, nos routines de survie dans la jungle des villes, nos mensonges policés, elle ne laisse que peu ou pas de place à l’opinion, elle dérange la structure.

Elle nous fait mesurer la nature du lien à l’autre. Sous cet angle,  même s’il peut aussi être source d’enrichissement, le discours apparaît comme le signe de notre incomplétude,  il tend à séparer, à diviser. A bord du navire, loin des cotes, l’autre se révèle comme une autre part de nous même, comme la terre dont nous percevons les entrailles, les humeurs, la substance indéfectible, les différences apparentes perdent pied.

L’expérience de la voile hauturière à l’ancienne est parole d’amour en ceci qu’elle unifie, rassemble, développe l’attention et la présence pure, nous rend vulnérable à l’autre et à la terre, nous invite au silence, un silence habité.

Victor Hugo disait : “Il y a trois sortes d’homme : les morts, les vivants, et ceux qui vont sur la mer.” Le marin est une sorte d’hybride, un curieux mélange de contemplatif et de sens pratique. Qui manque de l’un ou de l’autre ne saurait être heureux en mer. En ouvrant les portes de la perception, l’expérience marine est une éducation rigoureuse à la responsabilité envers soi, l’autre, le navire, la terre. Peut-être aussi nous fait-elle appréhender avec plus d’acuité cette notion si peu occidentale du destin.

Les drames de la mer, les mutineries, les violences, les haines qui peuvent y fermenter m’apparaissent comme la variété ordinaire des conséquences de notre refus ou inaptitude à assumer ces différents niveaux de responsabilité, notre peur de se libérer du connu.

L’aventure de Sir Shackleton et de son navire l’« Endurance », à la conquête du pôle sud, est un magnifique exemple de foi en l’homme et en la vie, d’acceptation inconditionnelle de l’instant présent pour ce qu’il apporte de joies et de misères, de leçons de vie. 

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Net-Journal Essence - Dr Bouriche, nous vous sommes très reconnaissants de bien avoir voulu partager votre expérience de la spiritualité, tant au niveau de la thérapie que des passions qui vous animent. Avez-vous un message à transmettre aux lecteurs du Net-Journal d’Essence ?

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Garde le cœur léger, reste attentif au monde, il a des choses à te dire. Aime et fais ce qui te plaît !

Etranger de passage, lecteur anonyme, ami, nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins, nous avons partagé peut-être, un instant d’éternité et tu n’es loin qu’en apparence. Permets-moi de t’offrir en viatique ce poème de Hafiz :

    « Ne t’afflige pas, la beauté reviendra te réjouir de sa grâce ; la cellule de tristesse se changera un jour en enclos plein de roses.

    Ne t’afflige pas, cœur souffrant, ton mal se changera en bien ; ne t’attarde pas sur ce qui te trouble, cet esprit bouleversé connaîtra de nouveau la paix.

    Ne t’afflige pas, une fois de plus la vie va régner dans le jardin où tu soupires, et tu verras bientôt ô chantre de la nuit, sur ton front un rideau de roses.

    Ne t’afflige pas si tu ne comprends pas le mystère de la vie, derrière le voile est caché tant de joie !

    Ne t’afflige pas si, pour quelques instants, les sphères étoilées ne tournent pas d’accord avec tes désirs, la roue du temps ne va pas toujours dans le même sens.

    Ne t’afflige pas si par amour du sanctuaire tu t’avances dans le désert et si les épines te blessent.

    Ne t’afflige pas, mon âme, si le torrent des jours fait une ruine de ta demeure mortelle, puisque tu as l’Amour pour te sauver de ce déluge.

    Ne t’afflige pas si le voyage est amer et le but invisible : il n’est pas de route qui ne conduise à un but.

    Ne t’afflige pas, Hafiz, dans l’humble coin où tu te crois pauvre, et dans l’abandon des nuits obscures, puisqu’il te reste et ton chant et ton amour. »

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Published in:Uncategorized ||on novembre 11th, 2010 |

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